Yohann Grignou, un réalisateur sur le fil

Imprimer Zoomer Dézoomer

Partager cet article :

Posté le 13 Déc. 2017 - Mis à jour le 13 Décembre 2017

À tout juste 20 ans, ce Trappiste, domicilié à La Verrière, s’est déjà forgé une belle expérience comme réalisateur. Révélés sur le Web, ses courts-métrages sportifs et artistiques dévoilent les athlètes sous un jour inédit. Focus sur un jeune créateur prometteur.

Yohann Grignou© C. Lauté - Photothèque SQYDes parties de jeux vidéo retransmises sur le Web à l’âge de 12 ans à son court-métrage multiprimé Headway, Yohann Grignou n’a pas attendu pour trouver sa voie.

« Ado, j’ai commencé à faire des petits montages vidéo en récupérant les images de la console quand on jouait avec mes potes. J’étais un peu le responsable technique du groupe, sourit-il. Et puis, en 2013, mon ami d’enfance, Louis Boniface, a dû abandonner la gym – il était au pôle espoirs à l’époque – et s’est lancé dans la slackline. Il m’a demandé de le filmer.»

Les premières vidéos sont tournées dans le « bac à sable » du Scarabée, avec l’appareil photo prêté par le frère du futur champion de France de slackline. « On s’est fait connaître quand il a commencé à passer des figures de niveau mondial. J’avais la pression : c’est LE plan que tu n’as pas le droit de rater ! »

La Slackline comme fil d'Ariane

Au fil des sessions, le style du jeune vidéaste s’affirme. Il se démarque en mêlant émotion, poésie et performances artistique et sportive. « J’ai investi dans une vraie optique, qui m’a coûté un bras, et j’ai commencé à penser la réalisation en amont. La séquence d’hyperlapse (NDLR : technique d’image accélérée et en mouvement) de Slackline and Graff , postée sur YouTube en 2014, c’était un boulot énorme ! », confie e perfectionniste acharné.

Tourné en mai 2016 dans les bois qui bordent Trappes et La Verrière à l’aide d’un drone et de plusieurs caméras, Headway signe son entrée dans la cour des grands. Dans un écrin automnal aux couleurs vibrantes, Louis Boniface enchaîne les envolées au-dessus d’un plan d’eau avec pour seuls partenaires les accords classiques d’un jeune violoniste aux allures de faune. Envoûtant…

« Avec mon ami producteur et réalisateur Nicolas Romieu, on s’est entourés d’une équipe hyper talentueuse pour réaliser ce projet. Je suis entré dans la « vraie » production. On misait sur 100 000 vues sur YouTube. En une semaine, on les avait déjà dépassées ! » Sélectionné dans une pléiade de festivals internationaux, Headway rafle quatre distinctions, dont le prix Daisy Duke au Traveling Shorts Film Festival de Florence et celui de meilleur film court aux Icares du Cinéma. Un succès pleinement apprécié – et partagé avec l’ensemble de son équipe – par le jeune homme qui prend conscience, du même coup, de la diffi ulté de protéger ses créations.

« Ce court-métrage m’a fait voyager, rencontrer des gens incroyables… Et, en même temps, Headway a été volé à de multiples reprises. Il a été utilisé à notre insu, souvent en supprimant le générique, et donc nos noms, pour promouvoir des activités ou des produits dans le monde entier. L’ego en prend un Poésie et performance coup… et on n’arrive pas toujours à trouver une solution à l’amiable », déplore-t-il.

La liberté de se réaliser

Aujourd’hui plus vigilant, il n’en continue pas moins à multiplier les collaborations, du dernier clip du rappeur Demi Portion (Souvenir, tourné à Sète) à la préparation d’un court-métrage aérien réunissant la crème des slackliners, highliners, trampolinistes… Et le succès est là.

À l’image des vidéos (Adele, World Has To Change…) tournées avec le danseur et chorégraphe Thomas Bimai qui approchent les 500 000 vues sur YouTube.

« J’ai fait de la vidéo, du flux. Aujourd’hui, j’ai envie de faire des films. De travailler l’écriture, la lumière, de faire de la fiction pure avec les sportifs comme acteurs. Ça peut être cool… », glisse-t-il.

Son BTS audiovisuel en poche, Yohann Grignou a pris ses marques au sein de la coopérative Samouraï en s’associant au jeune directeur artistique Antoine Breuil (rencontré lors d’un concert et rejoint, dès 2015, pour #Crackage, une première collaboration déjà hors des sentiers battus). Avec l’envie de se réinventer, de nous réenchanter et de réaliser… ses rêves. 

www.yohanngrignou.com

Partager cet article :

Haut de page