Les ailes de la passion

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Posté le 18 Mai 2017 - Mis à jour le 4 Juillet 2017

Nicolas Piétu est le doyen de l’équipe de France de voltige indoor. En février dernier, il a conquis avec les Bleus la médaille d’argent par équipes lors des Mondiaux. Un succès auquel le Saint-Quentinois associe ses clubs des Clayes-sous-Bois et de Guyancourt.

Quand on évoque des sports mécaniques, on pense généralement à la moto, voire aux bateaux. Pas à l’aéromodélisme. Et pourtant, cette discipline beaucoup moins médiatisée organise elle aussi des championnats du monde. L’un de ses meilleurs représentants en France est Saint-Quentinois. En février dernier à Strasbourg, Nicolas Piétu participait à ses troisièmes championnats du monde indoor sous les couleurs de l’équipe de France. Il a terminé septième en individuel, et obtenu la médaille d’argent par équipe. Sa troisième en trois Mondiaux, après l’or par équipe en 2013 (4e en individuel) et le bronze en 2015 (11e en individuel).

Nicolas Pietu Aéromodélisme© JJK - Photothèque SQYEn compétition, les participants doivent dérouler avec un maximum de précisions une liste de figures connues à l’avance – boucles, carrés, looping, tonneaux, renversements… – dans le temps imparti de cinq minutes. « Quand j’en termine, il ne reste que quelques secondes au chrono, explique Nicolas Piétu. Pour réussir, cela nécessite de savoir résister à la pression, car la compétition dure plusieurs jours, et le niveau est très élevé. La moindre faute est sanctionnée par les juges. »

Malheureusement, comme dans tout sport mécanique, la casse est possible, et Nicolas en a été victime lors de son tout dernier vol, ce qui lui a coûté quelques places au classement général des Mondiaux.

Un avion de 50 grammes qu'il conçoit lui-même

Nicolas Piétu conçoit et fabrique lui-même son appareil, qu’il change chaque année. « C’est la clef du succès, il faut constamment évoluer pour gagner en vitesse et maniabilité. » Son dernier modèle ne pesait que 50 grammes pour un mètre d’envergure. Il est aidé en cela par Loïc, un ami, et Stéphane, son frère, qui est également son coach. Chez les Piétu, l’aéromodélisme est une affaire de famille. « Mon père, qui pilotait des planeurs, en faisait. Mon frère en fait depuis très longtemps. Moi, je pratiquais ça un peu en dilettante jusqu’à mes vingt-quatre ans, quand je me suis spécialisé dans la voltige. »

Trois ans plus tard, en 2008, il devient champion de France, puis vice-champion les quatre années suivantes. Cet ingénieur spécialisé dans l’architecture du compartiment moteur chez Renault s’est installé à Guyancourt depuis qu’il travaille au Technocentre. « J’ai eu la chance de pouvoir trouver deux excellents clubs aux alentours, Les Clayes du ciel et Les Ailes saint-quentinoises. »

Nicolas Pietu Aéromodélisme© JJK - Photothèque SQYLe midi, il s’entraîne à Guyancourt, et le week-end aux Clayes-sous-Bois. « Je remercie ces villes qui nous laissent un accès dans leur gymnase, souligne-t-il. Ce soutien est essentiel. Comme en musique, il faut constamment réviser ses gammes et s’entraîner très régulièrement. Une somme de tout petits détails séparent les premiers des autres. Tous les soutiens sont importants, comme ceux de mon sponsor Topmodel.fr et de la Fédération française d’aéromodélisme. »

Les championnats du monde 2019 en vue

Après trois compétitions locales, les championnats de France et les Mondiaux, la saison du doyen de l’équipe de France (36 ans) est terminée. Mais Nicolas Piétu ne va pas se reposer sur ses lauriers. « Un nouveau programme va être mis en place en vue des prochains championnats du monde, en 2019 en Suisse. Je vais tester de nouvelles choses, pour adapter et améliorer mon avion. » Et espérer ajouter une nouvelle ligne à son palmarès.

Les Ailes saint-quentinoises : www.lasq.fr
Les Clayes du ciel : www.clayesduciel.fr

Ralf Woodall pour saint-quentin-en-yvelines.fr

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