Jean-François Guiborel, maître de la piste

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Posté le 12 Déc. 2016 - Mis à jour le 22 Octobre 2018

Jean-François Guiborel est un pilier du Vélodrome National. Après avoir été coureur, entraîneur, manager d'une équipe pro, journaliste, assistant pour France 2, il fait découvrir la piste au plus grand nombre. Et il adore son job.

Jean Guiborel Vélodrome SQY© Photothèque SQY - C. LautéJ'ai besoin de transmettre, lance-t-il avec un grand sourire. C’est inutile de garder les choses pour soi. » Et il en a des choses à partager, Jean-François Guiborel. Âgé de soixante-deux ans (qu’il ne fait pas), il fait partie de ces personnes qui mettent instantanément à l’aise. « J’aime les gens », reconnaît-il. Ça tombe bien : en trois ans, avec l’équipe de coaches qu’il a constituée, il a fait passer environ 8 000 baptêmes au Vélodrome National, dont il est le coordinateur piste. Chaleureux, pédagogue, il a mis en place un protocole pour les baptêmes qui permet même aux plus novices de se sentir à l’aise en moins d’une heure. « C’est super de les voir prendre confiance, jusqu’à oser attaquer la pente. Ce sont des sensations aussi fortes qu’un saut à l’élastique ou une poussée dans un karting. »

Jean-François Guiborel a vécu mille vies, avec toujours le vélo en fil conducteur. Dans les années 60, ce titi parisien s’amuse avec ses potes Jean-Paul Farré (le comédien) et Jean Solé (le dessinateur) sur les fortifs. « C’était l’école de la vie : le rock, le théâtre, le sport. Eddy Mitchell était le copain de mon grand-frère… À l’époque, on faisait du VTT sans le savoir : on retirait le moteur de vieux Solex et on allait s’amuser. » Le poulbot se prend vite de passion pour le cyclisme.

Après des débuts au club CV Paris 19e, dont le président est Marcel Gobillot, ancien champion olympique en 1920, il gravit les échelons en catégorie amateurs. « La Guibolle » est champion du monde militaire (l’équivalent d’un championnat du monde juniors), fait la tournée des Six-Jours, et est même présélectionné pour les JO de 1976.

Il côtoie les futurs grands à leurs débuts. « Hinault m’avait vraiment impressionné dans une course amateurs », se souvient-il. En 1978, l’équipe Fiat lui propose de passer pro. Refus de sa part. « C’est aujourd’hui un petit regret. Mais ce n’était pas bien payé. J’avais d’autres envies : faire du théâtre, du journalisme, être entraîneur… » Il fera tout cela.

A bercy avec Anquetil

Pigiste au Miroir du Cyclisme, il fréquente les grandes plumes comme Antoine Blondin ou Jacques Marchand. Entraîneur au CSM Puteaux, il lance, entre autres, les jeunes Pascal Chanteur et Christophe Agnolutto. Embauché par Peugeot, il devient le manager de l’équipe professionnelle, mais refusera d’en devenir le directeur sportif. « Je ne cautionnais pas certaines pratiques. J’ai toujours été un farouche adversaire du dopage ! » Au sein de la marque au Lion, qui fournit et sponsorise des équipes, il suit pendant des années les meilleurs clubs français amateurs, et lancera la première équipe de triathlon et de BMX du constructeur. « C’était formidable, si Peugeot n’avait pas arrêté le vélo, j’y serais encore. »

21 Tours de France !

Sa parfaite connaissance du milieu lui vaut d’être recruté sur le Tour de France par France 2. Pendant vingt et un ans, il est l’assistant de Gérard Holtz pour l’émission Au coeur du Tour. Il organise aussi les grands raids cyclistes pour le Téléthon : Bordeaux-Paris, Mont-Saint-Michel-Paris, Berlin-Paris, Londres-Paris, qu’il parcourt avec des vedettes du grand et du petit écran. Mais Jean- François Guiborel n’est pas du genre à se gargariser de son carnet d’adresse. Tout juste reconnaît-il que certaines célébrités viennent souvent au Vélodrome National. « Michel Cymes est même revenu avec Adriana Karembeu. Mais c’était pour une émission de télé », sourit-il. Plus de trente ans après avoir inauguré la piste – aujourd’hui disparue – de Paris-Bercy avec Jacques Anquetil, Jean-François Guiborel est fier de faire partie du Vélodrome National.

« J’ai été tout de suite hyper motivé par ce projet, qui est de faire vivre ce lieu et de redonner un public à la piste en faisant connaître ce sport. La piste, c’est la meilleure école du vélo. On apprend à être habile, à anticiper le danger. Contrairement aux idées reçues, c’est beaucoup moins dangereux que la route parce que c’est très encadré. L’ambiance est différente car il y a un brassage de tous les coureurs. Il faut vraiment venir essayer. »

Avec un coach toujours aussi passionné, comment ne pas se laisser tenter par un baptême, et plus si affinité ? 

Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines
Place de la paix céleste - Montigny-le-Bretonneux
http://velodrome-national.com/

Ralf Woodall pour saint-quentin-en-yvelines.fr

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