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Budget 2011 de la Casqy

Le budget primitif de la communauté d’agglomération a été voté jeudi 16 décembre. Moment primordial pour la vie de Saint-Quentin-en-Yvelines, ce vote permet de fixer les grandes orientations pour l’année à venir.

Les élus du conseil communautaire votent le budget 2011 de la Casqy© Photothèque Casqy - Christian Lauté

Budget primitif 2011

Comme en 2010, le budget 2011 est marqué par un contexte d’incertitude
dû à la réforme de la fiscalité. Une situation qui n’empêche pas la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (Casqy) de poursuivre ses efforts pour offrir aux habitants des services publics de qualité tout en veillant scrupuleusement à la maîtrise des dépenses.

Répartition des investissementsInvestissement en direction des communes : 32,8 millions d'euros (cliquer pour agrandir le graphique)
© Photothèque Casqy - Christian Lauté
Marges de manoeuvre réduites

Comme l’a expliqué Bernard Tabarie, vice-président de la Casqy en charge des
finances : « Un budget est une prévision que l’on s’efforce de réaliser. » Avec la réforme de la taxe professionnelle, cette déclaration n’a jamais été aussi vraie.

En supprimant la taxe professionnelle, le gouvernement a ôté des marges de manoeuvre aux collectivités (lire encadré) qui ont dû bâtir leurs budgets sur des données fiscales provisoires.

Cette année, les recettes sont fixées à 161,5 millions d’euros. Dans cette enveloppe, la fiscalité directe diminue de 30,7 % alors que les dotations de l’État vont être gelées. Baisser la part de la fiscalité, priver les collectivités de la possibilité de fixer les taux d’imposition, c’est augmenter leur dépendance vis-àvis des services de l’État, contrairement à l’esprit de la décentralisation qui a prévalu ces trente dernières années. Une situation assez inconfortable que la Casqy parvient malgré tout à maîtriser grâce à une gestion rigoureuse de ses dépenses.

Porter les projets

Par rapport à 2010, le montant des dépenses de fonctionnement augmente de moins de 2 millions d’euros. Un chiffre à mettre en perspective avec le taux d’inflation qui s’élève plus vite pour les collectivités locales que pour les ménages.

Sur les 132,1 millions d’euros dépensés, 87,8 M€ iront aux services à la population et 31,2 M€ à la dotation aux communes. Comme l’a rappelé Robert Cadalbert, l’objectif est d’offrir un service public de qualité tout en en maîtrisant les coûts.

Au chapitre des investissements, la demande des communes ne permet pas de diminuer l’endettement et de porter les projets nécessaires à un développement dynamique et équilibré pour Saint-Quentin. D’un montant total de 89,9 millions d’euros, le budget consacré à l’investissement – dont 32,8 millions sont consacrés aux investissements en direction des communes (voir
graphique) – permet néanmoins de réaliser les grands travaux comme le réaménagement de la gare de Saint-Quentin, le développement des transports en commun, l’hôtel d’agglomération, la rénovation de la Commanderie des Templiers, celle du cinéma des 7-Mares, mais aussi de tenir nos engagements sur la faculté de médecine et le vélodrome.

Au terme des discussions avec les communes, la dette de la communauté d’agglomération devra être maîtrisée. Face à une situation qui reste préoccupante, marquée par une incertitude qui persiste au niveau de l’État, la communauté d’agglomération fait donc le choix de la maîtrise de ses dépenses et de la solidarité. Avec les communes et avec les habitants.

Pour les habitants

Dans la suite de la mise en oeuvre de la réforme de la taxe professionnelle, principale ressource de l’agglomération, l’année 2011 est marquée par son application dans le budget. Malgré les doutes qui planent encore sur les modalités techniques de la réforme, une certitude : le gouvernement a décidé que les habitants paieront majoritairement à la place des entreprises.
Les Saint-Quentinois découvriront sur leur feuille d’impôts une nouvelle ligne précisant la taxe d’habitation versée à la Casqy. Perçue par le département puis reversée à la Casqy, il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais d’une refonte du système indiquant la participation des habitants aux finances de l’agglomération. Le taux de cette taxe est jusqu’ici fixé par le conseil général.

Trois questions à Robert Cadalbert

Robert CadalbertRobert CadalbertUn an après la réforme de la taxe professionnelle, les incertitudes sont-elles levées ?

Robert Cadalbert : À chaque fois qu’il y a eu une réforme de la taxe professionnelle, il y a eu une baisse des ressources et un transfert de charges sur les habitants. Nous restons donc assez inquiets pour l’avenir et surtout particulièrement vigilants. Ce sont maintenant les ménages qui vont majoritairement financer les intercommunalités. Cette année, en euros constants, nous avons une diminution de nos ressources. Il y a une volonté de mainmise de l’État sur nos finances : 30 millions d’euros de fiscalité directe, soit presque la moitié de nos ressources fiscales passe sous son contrôle. Dans ce contexte particulier, nous avons construit un budget constant, tout en maîtrisant la dette, avec l’objectif de maintenir la qualité des services publics que nous rendons à la population.

Le budget voté le 16 décembre dernier traduit une volonté de réduire
les dépenses. Cela change-t-il les priorités de l’agglomération ?

Notre priorité reste le maintien de l’ensemble des services publics. Sur les dépenses, d’importants efforts ont été faits. Leur augmentation est très limitée par rapport à l’accroissement de nos missions et du périmètre de nos actions. Les nouvelles routes, les nouveaux équipements que nous avons créés, il faut bien les entretenir. Les services de l’agglomération s’investissent pour rationaliser leurs dépenses, pour mettre en place des mutualisations. Leur installation dans le nouvel hôtel d’agglomération, en regroupant tous les services dans un même lieu, contribuera à la maîtrise de nos dépenses de fonctionnement. Alors que certains préconisent le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et les coupes claires dans les budgets, nous voulons à Saint-Quentin-en-Yvelines maintenir des services publics de grande qualité. C’est la garantie de l’égalité entre tous.

On parle beaucoup de la dette. Quelle est la situation de Saint-
Quentin-en-Yvelines?

Le montant de nos investissements reste important, mais notre priorité
est aussi de ne pas augmenter notre endettement. Nous avons donc cherché un équilibre entre la poursuite de notre développement et la volonté de réduire la charge de la dette. Saint-Quentin-en-Yvelines entre dans une phase où les besoins d’investissement des communes sont normalement moins importants que par le passé. Comme nous l’avons fait en 2010, nous n’augmenterons pas notre dette en 2011.

Article mis à jour le 3 octobre 2011 parVincent Leymonie

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