Philippe Charlier, l'homme qui fait parler les morts

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Posté le 15 Jan. 2019 - Mis à jour le 15 Janvier 2019

Le point commun entre Richard Coeur de Lion, Henri IV ou Agnès Sorel ? Ils sont tous passés sous le microscope expert de Philippe Charlier. Ce médecin légiste et anthropologue a une spécialité : faire parler les morts.

Philippe CharlierPhilippe Charlier© C. Lauté - Photothèque SQYNe le comparez pas à Indiana Jones, il n’apprécie pas trop... Pourtant, son allure, son parcours et surtout son métier de médecin légiste et anthropologue s’apparentent à ce héros d’aventure. Philippe Charlier a une passion : faire parler les morts. Son dernier fait d’arme est l’étude des fragments de dents et de crâne d’Adolf Hitler, conservés à Moscou, dont il a fait un documentaire.

« Cette étude confirme que ces ossements appartiennent bien au dictateur et que le Führer s’est probablement suicidé avec du cyanure et une balle dans la tête, explique Philippe Charlier. Les morts ont énormément d’informations à nous transmettre, ce ne sont en rien des objets inertes. »

Preuve en est, certaines de ces recherches suscitent de vives polémiques.

« Mon travail peut parfois éveiller des critiques idéologiques. Travailler sur des personnages historiques réveille toujours des passions. L’étude de la tête d’Henri IV a ravivé la querelle entre les Orléans et les Bourbons... »

Le désir de transmettre

Masque mortuaire en 3D, autopsie virtuelle, les techniques employées par Philippe Charlier, pour faire parler les morts, sont des plus modernes et innovantes. Certaines sont parfois étonnantes. « Lors de fouilles archéologiques en Crète, en ouvrant des tombes, j’ai été étonné par les parfums et les odeurs. Depuis, pour étudier les reliques, je fais appel à des nez de parfumeurs. » Le travail de ces nez, complété par des analyses moléculaires, a permis au chercheur de conclure que des restes attribués à Jeanne d’Arc étaient en réalité des fragments de momie égyptienne et d’os de chat.

Si ce « doctrotard » comme il se nomme, non sans humour, sur Twitter rivalise d’ingéniosité, sa première préoccupation reste la transmission. Il distille ses connaissances et son expérience auprès des étudiants de l’université de Versailles- Saint-Quentin-en-Yvelines, écrit des ouvrages et, depuis quelques mois, coanime l’émission sur la santé de France 5.

« Tout cela participe à la diffusion du savoir. Lorsque l’on est chercheur on se doit de transmettre au grand public et rendre nos découvertes accessibles. C’est un travail pour le bien commun. » Est-ce aussi dans un souci de bien commun que Philippe Charlier s’est, pendant trois ans, engagé en tant que médecin auprès des migrants et des détenus de prison ? Preuve qu’il avait aussi un rôle à jouer auprès des vivants.

Depuis le 1er octobre 2018, il est le nouveau directeur de la Recherche au musée du quai Branly - Jacques- Chirac : ses nouveaux patients sont devenus les fétiches…

Suivre Philippe Charlier sur Twitter :
https://twitter.com/doctroptard

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