Portait : Nisrin Hebbar, championne de France junior de taekwondo

Imprimer Zoomer Dézoomer

Partager cet article :

Posté le 19 Juil. 2018 - Mis à jour le 18 Juillet 2018

Quand Nisrin Hebbar, 15 ans, enchaîne les « battements de jambes » dans le dojang, c’est pour mieux terrasser ses adversaires en compétition ! Rencontre au gymnase Broustal, à Trappes, avec cette jeune athlète, sacrée championne de France junior de taekwondo.

Nisrin Hebbar CL121 1200© Christian Lauté - Photothèque SQYUne silhouette longiligne (1m72), une longue chevelure brune ramenée en chignon, un regard déterminé cerclé d’une monture sombre : pour gravir les plus hautes marches des podiums, la jeune taekwondoïste Nisrin Hebbar s’entraîne depuis des années, jusqu’à quatre fois par semaine. 

Au départ pourtant, ce sport de combat à mains nues d’origine coréenne, qui utilise toutes les parties du corps comme armes naturelles, ne l’enthousiasmait pas plus que ça… « Quand on est arrivées du Nord-Pas-de-Calais à Trappes, on a voulu se mettre à la gym avec mes petites sœurs, Chaïma et Imen. Mon père, qui faisait de la boxe, nous a encouragées à apprendre aussi l’autodéfense. C’est comme ça qu’on s’est retrouvées toutes les trois à la section Taekwondo du Bushido Club de Trappes », se souvient-elle.

Du haut de ses 8 ans, Nisrin préfère les agrès à l’apprentissage des poomsés. Elle abandonne le taekwondo, avant de s’y essayer à nouveau, l’année suivante. Cette fois, c’est la révélation. « Mes premières compétitions (NDLR : avec touches du pied et du poing au plastron) m’ont vraiment donné envie de me dépasser. Mon moteur, c’est la gagne ! », assure-t-elle. En 2016, elle décroche le titre de championne de France (catégorie cadets, - de 47 kg). Sélectionnée dans la foulée en équipe de France, elle participe aux championnats d’Europe, en Roumanie, où elle se hisse à la troisième place.

"L'Ecole Taekwondo Trappes a été élue pour la 7ème fois consécutive N°1 des Yvelines" 
ecoletaekwondotrappes.com

Travail et mental

« L’année suivante a été plus compliquée », explique Yann Burel, cofondateur et président de l’École de taekwondo de Trappes (ETT). « Mais la force de Nisrin, c’est qu’elle ne lâche rien. Son travail et son mental font la différence. » Belgique, Autriche, Turquie, Slovénie, États-Unis… Entre les entraînements et les compétitions – « des déplacements, à la charge du Club, qui permettent à nos champions d’engranger des points », explique Yann Burel – l’adolescente jongle entre sa passion et ses études, au collège de la Couldre. Si elle s’imagine bien « plus tard, professeur de langues ou peut-être traductrice », c’est aujourd’hui que se joue sa carrière sportive. « L’ETT compte environ 300 licenciés : des enfants, des mamans – un cours où l’on retrouve Yamina, la mère de Nisrin –, des adultes formés aux self-défenses, des taekwondoïstes de haut niveau… », détaille Yann Burel. « Tous les jeunes ne deviendront pas des champions, mais on pousse ceux qui ont, comme Nisrin, de vraies qualités athlétiques, une facilité, une détermination. »

Et le succès est au rendez-vous

En mars, la Trappiste a raflé l’or (catégorie juniors, - de 55 kg) aux championnats de France juniors et cadets, avant d’enchaîner avec une belle 3e place aux championnats de France espoirs (- de 21 ans).

Des victoires qui auraient, logiquement, dû l’assurer d’être sélectionnée par la Fédération (FFTDA) pour les championnats du monde juniors, du 9 au 13 avril. « Quand on a découvert, sur Internet, que sa catégorie de poids avait été supprimée, ça a été une énorme déception. Nisrin s’y préparait depuis des mois… », déplore le président de l’ETT. Loin d’être mise K.-O., la taekwondoïste s’est offert l’or, fin avril, à l’Open international de Berkane, au Maroc. Un métal dont elle avoue déjà rêver pour les Jeux olympiques 2024… 

Auteur : Elsa Burette

Partager cet article :

Haut de page