Quentin Lafargue : « J’ai vécu une super année »

Imprimer Zoomer Dézoomer

Partager cet article :

Posté le 12 Sep. 2017 - Mis à jour le 22 Octobre 2018

Quentin Lafargue a remporté son premier titre international en élites il y a tout juste un an, sur le kilomètre lors des championnats d’Europe organisés au Vélodrome National. Rencontre avec le sprinteur saint-quentinois, avant la défense de son titre à Berlin (18-22 octobre).

« Un an après votre titre de champion d’Europe, pensez-vous avoir changé de statut ?

Ce premier titre international en élite a été très important. En plus, ça s’est passé ici à Saint-Quentin-en-Yvelines, devant mes proches. Psychologiquement aussi, ça m’a débloqué. J’ai gagné sur le kilomètre mais j’ai aussi été performant sur le keirin et j’ai fait des chronos en vitesse par équipes que je n’avais réussis avant. Du coup, ça a bien lancé la saison, où j’ai été sélectionné en coupe du monde en vitesse par équipes.

Vous avez ensuite confirmé avec une médaille d’argent sur le kilomètre et une médaille de bronze par équipes lors des championnats du monde…

J’ai vécu une super année, ma meilleure en élite. En termes de résultats, je n’ai jamais ramené autant de médailles et en plus j’ai pris énormément de plaisir à travailler avec ce groupe-là. Il y a eu beaucoup de changements, et je me suis retrouvé être le plus vieux (il a 26 ans), jusqu’au retour de François (Pervis, 33 ans).

Pourtant, ce fut une saison de crise pour le cyclisme sur piste français avec des clash, des départs, des changements.Cela ne vous a pas perturbé ?

Cela n’a pas été une saison facile, mais ce que je veux mettre en avant c’est que notre groupe sprint s’est constitué. Les entraîneurs ont été très présents et ils nous ont protégés de ce qui se passait autour. On est vraiment partis de zéro, et on construit quelque chose en partant de nos idées.

Les entraîneurs sont neufs, nous sommes jeunes (Baugé, D’Almeida et Sireau, champions du monde en 2015 ne sont plus dans le groupe), et on a le sentiment d’avoir bien travaillé malgré tout ce qui s’est passé. On a cherché à optimiser notre groupe, notre équipe. On finit troisièmes aux championnats du monde mais ce n’est pas une médaille de raccroc parce qu’on fait un 43’’3 en séries, un chrono vraiment de niveau mondial.

Après l’échec des JO, l’ancien DTN avait décidé de faire confiance à de jeunes entraîneurs et à de jeunes champions…

Quentin Lafargue vélodrome de SQYQuentin Lafargue© C.Lauté - Photothèque SQYPour moi, ça a été très positif parce que c’était bien que des jeunes puissent avoir leur chance. Ce qui est intéressant, c’est qu’on se construit tous ensemble. Personne n’arrive en disant : ‘’Moi, je sais.’’ Non, on travaille ensemble.

Quelle est votre semaine type ?

On s’entraîne deux fois par jour, sauf le week-end où on a un jour complet de repos et un jour avec une seule séance. On a donc onze entraînements dans la semaine. Du lundi au vendredi, on fait de la piste au moins une fois par jour. La deuxième séance, c’est soit de la route soit de la muscu. Donc souvent trois séances de muscu et deux sorties sur les routes des alentours.

Suite à votre non-sélection pour les JO de Rio, qu’avez-vous changé dans votre fonctionnement ?

Si on veut rebondir, il faut comprendre ce qui n’a pas été et pourquoi je n’ai pas été sélectionné. Repartir pour repartir, ça ne sert à rien. Repartir en cherchant à ne pas reproduire les mêmes erreurs est beaucoup plus intéressant. J’ai choisi de redevenir acteur de mon projet, ce qui n’était pas le cas avant étant donné l’ambiance et le fonctionnement. Je suivais le programme proposé, sans y réfléchir trop. Aujourd’hui, je suis en capacité de savoir ce qui est bon pour moi. J’ai essayé de m’entourer de personnes vraiment bienveillantes. Aujourd’hui, j’ai un manager, un nutritionniste, un préparateur mental, je travaille avec des préparateurs physiques externes à la structure fédérale pour avoir un programme qui me soit vraiment adapté. Avant les Jeux, on était dizaine dans le groupe, c’était difficile pour le préparateur physique de vraiment individualiser le travail.

L’ambiance a beaucoup changé en un an ?

Oui, clairement. Tous les jours, il y a un petit qui te sort un chrono d’extraterrestre. Du coup, on se dit : ‘’Je ne vais pas rester sur mon banc parce qu’il ne va pas m’attendre et ce sera fini pour moi.’’ Sébastien (Vigier) confirme de plus en plus sa montée en puissance. Je suis content qu’il soit devenu champion de France de la vitesse individuelle. Il devient un vrai leader de l’équipe. Il a été très costaud.

Quels sont vos objectifs de la saison ?

Être champion d’Europe de la vitesse par équipes. Je veux vraiment continuer à progresser comme finisseur. Je vais aussi m’investir davantage dans le keirin. Et, bien sûr, le kilomètre. C’est un effort long, similaire au keirin et au poste de finisseur., et c’est assez facile de préparer les trois. Cette année, je vais travailler comme un fou pour décrocher le titre de champion du monde. C’est un point de passage obligatoire avant de rêver à autre chose.

Les épreuves de cyclisme sur piste des JO 2024 se dérouleront ici au Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. Est-ce un objectif de carrière pour vous ?

Evidemment, même si je fais partie des plus vieux (il aura 33 ans en 2024). De toute façon, on n’est vieux que dans la tête. François (Pervis), cette année, ne s’est pas posé la question de savoir s’il était le plus vieux et il est champion du monde. Déjà, je pense à Tokyo (2020). Mais Paris, je m’y vois carrément. Les anneaux olympiques dans notre vélodrome ! Pour le coup, c’est un vrai rêve. Les Jeux ici, c’est complètement fou. Déjà, les championnats du monde en 2015, c’était une ambiance incroyable. Je me nourris beaucoup de ça, c’est de l’énergie positive. Ce sera incroyable ! Mais les JO 2024, c’est loin, et beaucoup de choses vont encore se passer. A chaque championnat du monde, il faut prouver qu’on est là et qu’on progresse.

Vous aimeriez que d’autres championnats du monde soient organisés ici d’ici aux JO 2024 ?

Ce serait l’idéal. Pour être franc, j’aimerais que les Mondiaux 2020, avant les JO de Tokyo, aient lieu ici. C’est ce que font souvent les Anglais, comme en 2016 (les Mondiaux avaient eu lieu à Londres). Une grande compétition à domicile à quelques mois des Jeux et quatre ans avant Paris 2024, ce serait parfait. »

Il lance le SQY Training Camp
Avec Benjamin Edelin, autre sprinter de l’équipe de France, Quentin Lafargue a lancé depuis début septembre une formule innovante d’approfondissement et de perfectionnement à destination du public. Intitulé « SQY Training Camp », ce stage répond à une demande faite par beaucoup d’abonnés du Vélodrome. « On apporte une expertise supplémentaire », explique Lafargue.

Les deux champions, qui encadrent les participants, proposent deux formules sont proposées : un créneau « de base » autour d’une séance à thème (la vitesse, le keirin, la poursuite, le kilomètre, etc) suivie d’un débriefing ; une journée complète avec deux séances d’entraînement, un repas diététique au restaurant de l’équipe de France, et un temps d’échange pour évoquer des thèmes tels que la récupération, l’avant compétition, les entraînements spécifiques, planifier sa saison…

Renseignements et inscriptions sur la page Facebook SQY :
https://www.facebook.com/SQYTRAININGCAMP/

Ralf Woodall pour saint-quentin-en-yvelines.fr

Partager cet article :

Haut de page