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Exposition "Le dortoir des anges" d'André Chabot

Promeneur « nécropolitain », photographe, écrivain, plasticien… André Chabot essaie d’apprivoiser la mort par tous les moyens. Son exposition « Le Dortoir des anges » est présentée du 9 décembre au 27 février, à la Commanderie des Templiers, à Élancourt.

Andre Chabot bando

Le Petit Quentin : Depuis 1970, vous sillonnez la planète pour tout savoir des cimetières et des rites funéraires. Pourquoi cette quête ?

André Chabot : À cette époque, la mort est entrée dans ma vie d’une manière brutale : en l’espace de six mois, j’ai perdu une enfant, ma grand-mère, et mon grand-père s’est suicidé. Depuis, j’en ai peur. Pour rendre la chose supportable, je la traque, la détourne et en ris. C’est une façon de m’habituer à l’idée que je suis mortel. Appelez ça un exutoire, un exorcisme peut-être !

Des cercueils dans les airs

De drôles de cercueils dans les airs, des petites ailes blanches en partie noircies, des hamacs suspendus au pied desquels sont posées des caisses de vin… André Chabot, athée, se joue du paradis en mettant en scène une vingtaine de cercueils de libres-penseurs qui l’ont influencé : Diogène, Nietzsche, Diderot, Freud, Léo Ferré, etc. Une seule présence féminine dans son panthéon : celle d’un petit hamac représentant sa fille partie trop tôt.

Exposition « Le Dortoir des anges »,
du 9 décembre au 27 février
Commanderie des Templiers de la Villedieu, route de Dampierre à Élancourt
www.agglo-sqy.fr/expo-commanderie


Entrée gratuite du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h
Visites commentées sur rendez-vous en contactant Ophélie Félix :
commanderie.des.templiers@agglo-sqy.fr


P.Q. : Pour vos reportages, vous utilisez un pseudonyme, le professeur Chabotopoulos, sorte d’envoyé spécial de la mort. L’humour est-il indispensable ?

Le sujet est suffisamment grave pour ne pas le prendre au sérieux ! Alors, je m’amuse. J’embarque à bord de mon « chabotocoptère », cercueil métallique muni d’une hélice (photo), censé m’emmener sur les lieux de mes reportages, les cimetières du monde entier. J’essaie de comprendre comment la société s’occupe de ses morts.
L’exposition « Le Dortoir des anges » présente une vision très personnelle, presque irrévérencieuse de la mort. J’ai voulu jouer avec les anges, ces petits êtres asexués. Je ne crois ni à l’au-delà ni au paradis, mais avec cette exposition, je fais comme s’il y en avait un, non pas douceâtre et blanchâtre tel qu’on l’imagine, mais à mon image. Il s’agit d’un dortoir peuplé d’hommes que j’admire, des libres-penseurs avec lesquels je pourrais discuter et boire un verre de bon vin ! Je ne suis pas un sculpteur, mais un assembleur d’objets. Quelqu’un qui met en scène les objets rituels de la mort pour renverser les tabous.

P.Q. : Finalement, cette production vous rend immortel ?

D’une certaine manière, oui ! Mon corps va pourrir, devenir une charogne avant de partir en poussière, mais mon « oeuvre », livres et archives photographiques, restera derrière moi. C’est un beau pied de nez à la mort pour un « bizarre de l’art », ne croyez-vous pas ?

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Article mis à jour le 6 mars 2010 parElisabeth Charle

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