La justice reconstituée
Publiée le 19 juillet 2011 - Actualisée le 3 octobre 2011
Afin d’expliquer la justice aux jeunes, la Maison de justice et du droit organise des reconstitutions de procès qui se déroulent en costumes au tribunal de Versailles.

Ils ont quatorze ans à peine et le temps d’une matinée, les voilà dans la peau d’un juge, d’un avocat ou d’un procureur, installés dans la cour d’assises du tribunal de grande instance de Versailles pour « rejouer » un célèbre procès. Un éveil à la justice orchestré par la Maison de justice et du droit (MJD), en partenariat avec les établissements scolaires saint-quentinois.
S’approprier les institutions
Ce jour-là, c’est une classe de 4e du collège Albert-Einstein de Magny-les-Hameaux qui prend possession des lieux. Pas intimidés par la solennité du lieu, les jeunes en robe noire investissent la cour à la manière d’un théâtre pour faire revivre un procès historique : l’affaire Calas.
« Tous ne sont pas si à l’aise », remarque Anne Joyeux, greffière à la MJD et coordinatrice du projet. « Souvent le silence s’impose dans ce lieu qui invite à l’autorité et au respect. L’objectif est d’amener les jeunes à s’approprier les institutions, que beaucoup ne connaissent que par le biais de la télévision, et d’en faire comprendre le fonctionnement. » Avant la reconstitution finale, c’est tout un travail de préparation et de sensibilisation qui est mené dans les écoles. Qu’est-ce que la justice ? Quel est son rôle ? Quels sont les droits des accusés ? Qu’est-ce qu’un présumé innocent ?
Autant de questions qui, par le biais du jeu, sont plus facilement comprises par les jeunes. « En travaillant sur l’affaire Calas, célèbre procès du XVIIIe siècle, nous avons pu aborder les problèmes de l’intolérance religieuse et la philosophie des Lumières », constate Monique Insigui, professeure d’histoire au collège Albert-Einstein. Les élèves prennent ainsi conscience des enjeux et des conséquences d’un procès, tout en réalisant les progrès parcourus dans la justice depuis le XVIIIe siècle.
Certains, nourris par les séries américaines, n’imaginaient pas le rôle du juge d’instruction en France ni la nécessaire mise en oeuvre du droit de la défense.
Instruction civique
Florian, qui jouait le rôle de Voltaire, l’imagine désormais autrement que comme « un vieil écrivain ». « Il s’est battu pour défendre une famille et a fait changer beaucoup de choses dans la justice. Moi, je pensais qu’elle ne faisait jamais d’erreur. Finalement, elle est très humaine. » En une représentation, Florian a déjà beaucoup appris. Peut-être différemment que lors des cours d’instruction civique suivis depuis le début de l’année.
Médiation et information
Depuis sa création en 1999 à l’initiative de la communauté d’agglomération, et en partenariat avec le tribunal de grande instance de Versailles, la Maison de justice et du droit (MJD) a pour vocation de rapprocher la justice du citoyen. Lieu de médiation et d’information, elle propose également aux écoles de nombreux outils comme les reconstitutions de procès. Leurs scénarios s’inspirent de faits réels ou du jeu des « 7 affaires de justice » de la MJD.
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