JackyBoisseauGR174_une
  • Publié le 19/11/2018
  • Mis à jour le 19/08/2019
  • C. CAPPELAERE

Vie pratique

Jacky Boisseau, une nouvelle vie d'apiculteur !

  • Manger local

Jacky Boisseau est aujourd'hui un happy... culteur ! A la retraite depuis 10 ans, il s'est lancé dans l'apiculture avec passion. Cet homme-là parle aux oreilles des abeilles. Portrait.

JackyBoisseauGR192_article
Jacky Boisseau | Ⓒ G. Robin - Sqy

Il faut le voir près de ses abeilles dans le bois de Sainte-Apolline en tee-shirt et bermuda, faisant goûter son miel à même la ruche. Il faut l’entendre parler des vertus "incommensurables" de ces petits volatiles tellement utiles à la nature. Nous sommes en face d’un passionné des abeilles. Une passion développée sur le tard. "J'étais cadre commercial au Technocentre Renault pendant 40 ans. C'était un métier très stressant alors pour reprendre contact avec la nature et mieux "respirer", il y a trente ans, je me suis lancé un défi. Tout apprendre des abeilles et devenir apiculteur.", raconte le jeune retraité.

Il crée d'abord un petit groupe d'apiculteurs en herbe à Plaisir. "A l'époque, ce n'était pas une mode. Quand on parlait d'abeilles, les gens nous auraient bien envoyé au fin fond du Larzac plutôt qu'à Plaisir", se souvient-il en riant.

Son association se crée au château de Plaisir où elle organise depuis 25 ans la Fête du miel. Parallèlement, Jacky Boisseau installe son propre rucher (25 ruches) dans le bois de Sainte-Apoline qui devient son centre de production et de vente.

Les abeilles, il les observe, apprend leurs espèces, leur reproduction, leurs spécificités et peaufine son miel. Plus il apprend et plus il souhaite échanger, transmettre. Il lance de nombreuses sensibilisations dans les écoles, organise des ateliers "dégustation" dans les entreprises (Airbus, Truffaut, Lenôtre).

Il part aussi à l'étranger, au Cameroun, au Liban pour des échanges d'expériences.

Il y a trente ans, je me suis lancé un défi. Tout apprendre des abeilles et devenir apiculteur.
 

Jacky Boisseau

Transmettre aux jeunes générations

"Nos abeilles souffrent des effets de la météo et des pesticides qui sont répandus davantage par les "jardiniers du dimanche" que par les agriculteurs du coin avec qui nous travaillons. Lorsque j'ai commencé, on récoltait environ entre 50 et 60 kilos par ruche." Un des combats de Jacky Boisseau est également de préserver les espèces locales. "Aujourd'hui, l'apiculture est une mode. Tout le monde peut se donner bonne conscience en ayant une ruche dans son jardin. Il y a une très forte demande et de nombreux marchands peu scrupuleux vendent des colonies avec des reines hybridées, non adaptées à notre climat. Résultat, elles ne supportent pas nos saisons, elles sont déréglées et meurent rapidement, entraînant la fin de la colonie. Ces apiculteurs sont pour moi des prédateurs des abeilles".

Il existe en forêt de Rambouillet un conservatoire de l'abeille noire, typique de notre région parisienne, où l'on peut trouver des colonies à acheter pour sa ruche. A bon entendeur !
 

Jacky Boisseau