Actualités Saint-Quentin en Yvelines
  • Publié le 20/06/2018
  • Mis à jour le 02/09/2019

Culture

Portrait : Maflohé Passedouet

Artiste contemporaine à la croisée du spectacle vivant et des arts numériques, Maflohé Passedouet invite à Entrevoir l’invisible jusqu’au 1er juillet, à la Commanderie des Templiers de la Villedieu.

Maflohé Passedouet
Ⓒ G. Robin - Photothèque SQY

Enfant, maflohé Passedouet était une fillette « singulière », emmurée dans le silence.  « C’est grâce au dessin, à la lecture de contes, aux spectacles que j’improvisais dans une cabane en toile dans le jardin que j’ai réussi à m’exprimer, à m’incarner. »

Cette intériorité intense, doublée d’une forte sensibilité au handicap, ont depuis guidé ses pas. « Formée aux arts plastiques et au théâtre, j’ai exposé mes premiers tableaux à 17 ans avant d’être repérée à 18 ans et de devenir comédienne. Mais j’avais envie d’aller plus loin dans l’expérimentation artistique… », sourit la Versaillaise.

Corps et technologie

En 1998, elle crée la Compagnie Mobilis-Immobilis, troupe interdisciplinaire qui fait dialoguer le corps « cette interface naturelle » et les technologies numériques. Avec Narval, l’une de ses premières explorations , Maflohé Passedouet transforme, via un logiciel, un tableau en une projection géante en 3D dans lequel une danseuse vêtue d’un exosquelette interagit en temps réel.

La scène devient un espace cinétique où peinture et corps dansant sont de véritables partenaires de jeu. Suivront #Out Focus#, conte liant danse, cirque et réalité virtuelle (2006), Clair-Obscur, cabaret technologique interactif (2008), Floraisons et Sortilèges,acle mêlant danse, contorsion et théâtre d’ombres réelles et virtuelles (2011)…

Un certain regard

« Suite à une rencontre marquante avec un jeune autiste de 10 ans, dont je me suis occupée par la suite, j’ai développé des ateliers de sensibilisation aux arts numériques – à l’image du light painting sonore, à destination de publics amateurs, éloignés ou empêchés », précise l’artiste.

Avec Corps Tangibles, jeunes adultes en situation de handicap mental, éducateurs et professionnels de la Compagnie investissent la scène, en 2014. À la fois pièce multimédia et dispositif de neuf tableaux interactifs questionnant les représentations du corps, Corps Tangibles a investi la chapelle de la Commanderie, à Élancourt, en 2016.

Quelques mois plus tard, dans le cadre de l’exposition Textile(s) Art et Sciences, l’artiste présentait l’installation Tarentella dans ce même lieu, où elle est actuellement en résidence.

« J’ai eu la chance de créer Entrevoir l’invisible en coproduction avec SQY. Cette exposition est un véritable laboratoire dont les prototypes ont été réalisés sur mesure : le miroir sans tain Cénesthesie, l’alcôve Between The Lines… », souligne-t-elle . Maflohé Passedouet a collaboré avec les membres du SqyLab de La Verrière ainsi qu’un enseignant-chercheur et un ingénieur de l’université de Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines (UVSQ) pour concevoir Séléné, Cantabile, Kodama…

Autant de fenêtres ouvertes sur « l’entre-deux monde » qui invitent à (perce)voir le caché, l’imaginaire, le cosmique, l’énergie des émotions… avec les yeux du coeur. 

Elsa Burette pour saint-quentin-en-yvelines.fr


Commanderie des Templiers

Route de Dampierre à Élancourt

sessions de création parent-enfant les 9 et 30 juin (gratuit sur réservation : Tél. 01 39 44 76 48)

Maflohé Passedouet :

mobilisimmobilis.com