Vue de la dernière salle de l'exposition au musée
  • Publié le 10/02/2021
  • Mis à jour le 09/03/2021

Culture

Exposition temporaire "La ville à habiter"

A travers une sélection de 25 opérations architecturales représentatives à Saint-Quentin-en-Yvelines, l’exposition témoigne de l’évolution de la politique du logement en France et des différentes typologies d’habitat, des grands ensembles aux lotissements pavillonnaires et autres programmes expérimentaux.

La visite de l'expo en 360°

La ville à habiter : le logement à Saint-Quentin-en-Yvelines, 1950-2000

Le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines connaît un spectaculaire essor urbain durant la seconde moitié du 20e siècle, favorisé par l’implantation d’une Ville nouvelle. Pendant un demi-siècle, les programmes immobiliers s’enchaînent, permettant de loger 200 000 nouveaux habitants.

De la crise à la croissance

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la France doit faire face à une grave crise du logement sous l’effet conjugué des destructions (400 000 logements détruits et près de deux millions endommagés), de l’essor démographique et urbain, d’un parc immobilier en grande partie vétuste et sous-équipé et des insuffisances des politiques publiques menées avant-guerre. La loi du 21 juillet 1950 instaure à la fois les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et un système de prêts favorisant l’accession à la propriété. En 1953, le plan « Courant » fait de la politique du logement une vraie priorité permettant d’atteindre rapidement des niveaux de production massifs.

Le square Defay à Guyancourt. Archives municipales de Guyancourt
Le square Defay à Guyancourt, construit entre 1962 et 1965. Architectes : Peyre, Sureau et Pinget / Commanditaires : Office d'HLM de Seine-et-Oise. | Ⓒ Archives municipales de Guyancourt (2FI74)

En matière de programmes, le gouvernement encourage l’immeuble collectif. Il lui semble être la meilleure réponse et la plus rapide face à l’ampleur de la pénurie et permet le développement des techniques d’industrialisation du bâtiment. Il correspond aussi davantage à un idéal de modernité, face à la maison individuelle qui génère de l’étalement urbain jugé néfaste et qui est moins porteur de valeurs communautaires.

Une enquête menée en 1945 auprès des Français, montre néanmoins que la maison individuelle reste largement plébiscitée. La politique de l’État ne peut ignorer cette aspiration, et des dispositifs en leur faveur existent, mais elle la confie plus volontiers à la promotion immobilière privée. Celle-ci favorise le développement du péri-urbain : lotissements pavillonnaires installés en zones rurales, éloignés des grands centres urbains.

Le lotissement de Chamfleury à Voisins-le-Bretonneux
La résidence Chamfleury à Voisins-le-Bretonneux en 1976. Quartier : Le Village à Voisins. Architecte : Richard Ferrer. Promoteur : Kaufman § Broad. Dates de construction : 1969-1970. | Ⓒ Musée de la ville SQY, fonds CRAV / DR

De nouveaux modèles

À la fin des années 1960, le programme des « grands ensembles », devenu synonyme de malaise urbain, est vivement remis en cause. Une directive ministérielle de 1973 met un terme définitif à leur construction. L’État se met à promouvoir plus activement le modèle de la maison individuelle, avec l’objectif de la rendre accessible au plus grand nombre. La création des villes nouvelles constitue une autre alternative en proposant un modèle urbain fondé sur un équilibre des fonctions : le logement, l’emploi, les équipements publics, les loisirs…  En matière de logements collectifs, dont les programmes ne sont pas stoppés pour autant, l’État cherche à développer l’innovation et la qualité, notamment grâce au « Programme d’Architecture Nouvelle » (PAN).

Tract pour la promotion de l'opération immobilière du Bois Joli en 1979
Le Bois Joli à Maurepas, tract de 1979. Architecte : Jacques Bardet Commanditaire : GIE des Sociétés Immobilières de Construction (GSCIC). Dates de construction : 1972-1979. Quartier : Le Bois Joli à Maurepas. | Ⓒ Musée de la ville-SQY (Inv. PR.93.01.3)

De ce Programme d'Architecture Nouvelle sortiront aussi bien des programmes expérimentaux de logements dits intermédiaires, cherchant à concilier les avantages du collectif et de l’individuel, que des innovations techniques, mais aussi les « modèles-innovations » qui constituent des modèles standardisés reproductibles destinés à renouveler l’architecture de l’immeuble collectif.

Les modèles-innovation de Maillard à Trappes
Les Tabourets de la Plaine de Neauphle à Trappes en 1978. Architecte : Henri Pierre Maillard / Commanditaire : Groupe Ile-de-France / Dates de construction : 1973-1977 / Quartier : Plaine-de-Neauphle à Trappes. | Ⓒ ADY, fonds EPASQY / DR

La France des propriétaires

Avec la crise pétrolière de 1974 et l’infléchissement de la courbe de croissance démographique, la construction de logement se ralentit en France. Sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, priorité est donnée à l’accession à la propriété. Cette ambition d’une « France de propriétaires », accompagnée de plusieurs dispositifs d’aides financières directement versées aux ménages, va de pair avec une très grande préférence pour la maison individuelle dont la production devient majoritaire. C’est l’expansion des lotissements pavillonnaires et l’essor de la périurbanisation du territoire.

L'ensemble des Boréales à Voisins-le-Bretonneux
Les Boréales à la fin des années 1980. Architecte : Jean-Pierre Watel / Promoteur : Le Logement français / Dates de construction : 1986-1987 / Quartier : La Grande-Ile à Voisins-le-Bretonneux. | Ⓒ ADY, fonds EPASQY / DR

La construction de logements dans les années 1980 émane dorénavant en majorité du secteur privé. L’État poursuit malgré tout une politique favorisant davantage le qualitatif, le geste architectural, les questions d’intégration urbaine et de consommation énergétique. Les formes de la ville et de l’architecture traditionnelles réapparaissent avec des maisons de ville sur rue.

 

Infos pratiques

  • Le musée est actuellement fermé en raison des mesures sanitaires de lutte contre l'épidémie de COVID-19. La date d'ouverture de l'exposition est donc à ce jour encore inconnue.

    Fermeture le samedi 24 juillet 2021.

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