Une visite autour du logement contemporain à Guyancourt en 2015
  • Publié le 29/04/2020
  • Mis à jour le 30/09/2020

Culture

Le patrimoine et le label Ville d'art et d'histoire

  • Patrimoine

Saint-Quentin-en-Yvelines a reçu du ministère de la Culture en 2006, le label Villes et Pays d’art et d’histoire (VPAH) : SQY est ainsi devenue la première agglomération issue d’une ville nouvelle de la seconde moitié du XXe siècle à recevoir ce label.

Le label Ville d’art et d’histoire

Logo du réseau des Villes et Pays d'art et d'histoire
Logo du réseau des Villes et Pays d'art et d'histoire | Ⓒ Ministère de la Culture

Saint-Quentin a reçu en 2006 le label Villes et Pays d'art et d'histoire, attribué par le ministère de la Culture et devient ainsi la première Ville Nouvelle mais aussi la première ville de la seconde moitié du XXe siècle à recevoir ce label.

Celui-ci reconnaît Saint-Quentin-en-Yvelines comme une ville de référence pour l’histoire architecturale et urbaine contemporaine, mais atteste aussi la valeur de ses sites anciens remarquables. Il garantit par ailleurs l’engagement de la collectivité dans une démarche active de connaissance, de conservation, de valorisation et de médiation au patrimoine, à la qualité architecturale et au cadre de vie.

Une ville nouvelle, Ville d'art et d'histoire ?

Le quartier St-Quentin en construction à la fin des années 1980
Le quartier St-Quentin en construction à la fin des années 1980 | Ⓒ ADY 78, fonds EPASQY

Certains pourront s'étonner que Saint-Quentin-en-Yvelines, ville sortie de terre dans les années 1970, a fortiori ville nouvelle, ait reçu le prestigieux label Ville d'art et d'histoire...

Une reconnaissance symbolique pour le patrimoine du XXe siècle, siècle qui a le plus construit et pour lequel nous avons le moins d'indulgence. En effet, seulement 4 % de bâtiments de cette période sont inscrits au titre des Monuments historiques...

La reconnaissance de Saint-Quentin-en-Yvelines marque donc une étape supplémentaire pour la mise en valeur des villes récentes, après Le Havre et Lorient... villes de la reconstruction des années 1950. Un signal fort pour la création contemporaine !

Reconnaissance également pour l'histoire des villes nouvelles, champs d'expériences urbaines exceptionnelles, ce qui a fait dire aux spécialistes qu'on n'aborde plus de la même façon la ville, avant et après les villes nouvelles. Elles ont été pour l'Etat gaulliste une vitrine de la modernité de la France, un laboratoire d'aménagement, un incubateur social pour toutes les expériences héritées de mai 68 lorsque des pionniers ont choisi de s'y installer, lorsque ville nouvelle rimait avec vie nouvelle et utopie...

Mais où sont les bâtiments anciens ?

La commanderie de la Villedieu à la fin des années 1970
La commanderie de la Villedieu à la fin des années 1970 | Ⓒ Musée de la ville SQY

La construction de la Ville Nouvelle avec les mutations urbaines qu'elle a entraînées, a gommé de fait une partie du passé. Aujourd'hui, la ville est construite et c'est le moment attendu du rapprochement entre son passé lointain et proche.

Grandes fermes du plateau, Commanderie des Templiers, site de Port-Royal des Champs mais aussi habitat cheminot, archéologie industrielle de la gare de triage ou histoire des villages : le label vient renouer une chronologie plus profonde du territoire en remettant sur le devant de la scène ce patrimoine.

Comment savoir parmi toutes ces constructions récentes celles que l'histoire retiendra ?

Les grands noms de l'architecture ont souvent fait leurs "premières armes" en ville nouvelle. Ces dernières ont d'ailleurs inventé l'architecture d'entreprise, les maisons de ville...

Certains bâtiments ont déjà fait date comme les Arcades du Lac de Ricardo Bofill. En croisant des critères liés à l'histoire de la ville et à l'histoire de l'architecture, les futurs monuments du territoire sont d'ores et déjà repérables.

Où peut bien se cacher l'art dans ces territoires surgis des champs de betteraves ?

"Arborescence polymorphique", J-M et M Simonnet, parc des Coudrays, Elancourt
"Arborescence polymorphique", J-M et M Simonnet, parc des Coudrays, Elancourt | Ⓒ Musée de la ville - SQY / Daniel Huchon

Plus de 80 œuvres d'art public jalonnent les places, les jardins et les rues, signées par des artistes internationaux comme Piotr Kowalski, Marta Pan, Dani Karavan ou Nissim Merkado. Le mouvement de la Jeune Sculpture a testé ici grandeur nature les matériaux plastiques dans les formes les plus iconoclastes !

Un observatoire des évolutions urbaines

Le lotissement des Dents de Scie à Trappes, un HBM des années 1930.
Le lotissement des Dents de Scie à Trappes, un HBM des années 1930. | Ⓒ Photothèque SQY / Stéphan Joubert

Des maisons ouvrières (Cité Besnard à Guyancourt, lotissement de la Boissière à Trappes…) et des premiers développements des pavillons de banlieue, aux défis de la rénovation urbaine, Saint-Quentin-en-Yvelines a connu toutes les métamorphoses des façons de construire la ville au XXe siècle : habitats à bon marché (Cité des Dents de Scie à Trappes), grands ensembles durant la Reconstruction (Cité Barbusse à Trappes), expériences de l’urbanisme provincial (la Haie-Bergerie à Villepreux et le centre-ville de Maurepas) ou les premières réalisations de lotissements à l’américaine (lotissement Levitt à la Commanderie des Templiers à Elancourt, résidence de Chamfleury à Voisins-le-Bretonneux ou encore résidence de la Mare aux Saules ou domaine des Gâtines à Plaisir).

Le patrimoine ancien

Le site de l'abbaye de Port-Royal des Champs en 2004
Le site de l'abbaye de Port-Royal des Champs | Ⓒ Photothèque SQY / Stéphan Joubert, Delage Balloïde

Si l’épisode de la ville nouvelle a donné son nom à l’agglomération actuelle, elle n’en constitue pas pour autant toute l’histoire ! En témoignent les vestiges de la riche histoire médiévale et moderne où le territoire fut le théâtre des rivalités entre puissantes familles de seigneurs (donjon de Maurepas, châteaux de La Verrière, Plaisir ou Villepreux...) mais aussi avec les grands sites religieux (Port-Royal des Champs à Magny-les-Hameaux, Commanderie des Templiers de la Villedieu à Elancourt, maison Saint-Vincent de Paul à Villepreux…). Les traces du réseau hydraulique des étangs supérieurs chargé d’approvisionner en eau les fontaines de Versailles (étang de Saint-Quentin, grand lit de rivière…) ou la Porte du Mérantais (Magny-les-Hameaux) qui fermait le Grand Parc évoquent la proximité du pouvoir royal. 

Les grandes fermes à cour fermée (ferme du Manet à Montigny-le-Bretonneux, ferme Decauville à Voisins-le-Bretonneux, ferme de Buloyer à Magny-les-Hameaux, fermes du Mousseau et de la Commanderie à Elancourt, fermes de la Faisanderie et du Trou-Moreau à Villepreux…) évoquent la richesse agricole du plateau de Trappes et de la Plaine de Versailles, entre pays de Beauce et bassin parisien. 

Ces villages anciens et hameaux sont caractéristiques des paysages traditionnels d’Ile-de-France et constituent des bulles mémorielles pour la lecture du continuum historique du territoire (Village et hameaux de Magny-les-Hameaux, Village de Villepreux, Village d’Elancourt, hameau de Bouviers à Guyancourt…).

Le patrimoine contemporain : l’héritage des villes nouvelles

Vue aérienne au-dessus de la Sourderie avec les Arcades du Lac et les Templettes de Ricardo Bofill
Vue aérienne au-dessus de la Sourderie avec les Arcades du Lac et les Templettes de Ricardo Bofill | Ⓒ Photothèque SQY / Stéphan Joubert, L. Delage Balloïde

Saint-Quentin-en-Yvelines fait partie des cinq villes nouvelles créées dans la région parisienne à partir de 1965 pour répondre de manière renouvelée aux défis de la concentration démographique, aux aspirations sociales et sociétales et imaginer d’autres façons de penser la ville. Elles furent ainsi des champs d’expériences architecturales et urbaines exceptionnelles. 

À partir des années 1970, plusieurs grands noms de l’architecture ont œuvré à Saint-Quentin-en-Yvelines (M. Lods, J. de Mailly, P. Chemetov, A Fainsilber, H. Gaudin, D. Perrault, A. Grumbach…). Certains sites ont une renommée internationale, à l’image des Arcades du Lac, créées par Ricardo Bofill, à Montigny-le-Bretonneux. 

Les villes nouvelles ont par ailleurs inventé de nouveaux types architecturaux comme l’architecture d’entreprise combinant gestes architecturaux et aménagements paysagers soignés (Villages d’entreprises, Challenger, Technocentre ou usine Thomson à Guyancourt), mais aussi le concept de la maison de ville.

L’art urbain : un supplément d’âme

La Perspective de Marta Pan, Entrée du Parc des Sources de la Bièvre, Guyancourt
La Perspective de Marta Pan, Entrée du Parc des Sources de la Bièvre, GuyancourtLa Perspective de Marta Pan, Entrée du Parc des Sources de la Bièvre, Guyancourt | Ⓒ Musée de la ville - SQY / Daniel Huchon

L’agglomération est riche de nombreuses œuvres d’art contemporaines qui jalonnent son territoire. Au-delà d’un supplément d’âme, l’art public s’est très vite révélé être une utopie urbaine à part entière. Edifiées dans les rues, sur les places, dans les jardins publics, ces œuvres sont pour certaines signées par des artistes à la renommée internationale : Piotr Kowalski, Marta Pan, Dani Karavan, Carlos Cruz-Diez… Certains ensembles sont particulièrement remarquables comme ceux du centre-ville de Maurepas, celui du Parc des Coudrays (Elancourt), celui du Parc des Sources de la Bièvre (Guyancourt), celui du quartier Saint-Quentin (Montigny-le-Bretonneux) dont trois œuvres viennent d’être labellisées Patrimoine d’intérêt régional et celui de Villaroy (Guyancourt).

Les Journées du patrimoine à Saint-Quentin-en-Yvelines

Le Musée de la ville coordonne, dans le cadre du label Ville d'art et d'histoire, l'organisation et la communication des Journées du patrimoine sur l'ensemble du territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. Rendez-vous incontournable de la rentrée, l'événement fédère à la fois les services intercommunautaires et municipaux, les gestionnaires de patrimoines privés et les associations pour œuvrer à la valorisation et la découverte du patrimoine.

Si vous souhaitez participer, contactez-nous !