L'exposition temporaire "Le siège se révolte" en 2020
  • Publié le 29/04/2020
  • Mis à jour le 29/07/2020

Culture

Les collections

  • Musée de la ville
  • Patrimoine

Selon le nouveau Petit Robert, une collection est "une réunion d'objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, géographique, une valeur provenant de leur rareté ou rassemblés par goût de l'accumulation". Une pièce de collection prend tout son sens au sein de l'ensemble des objets qui forment cette collection.

Que collecte le musée ?

Le Musée de la ville est un musée de société. Ses collections s'articulent sur trois grands axes majeurs :     

  • les traces du passé (notamment rural et cheminot) sur le territoire,
  • les documents et objets qui rendent compte de l’histoire de la Ville Nouvelle,
  • le design, comme témoin des modes de vie contemporains.

Le musée peut, sous certaines conditions, prêter des objets de sa collection. Consultez les conditions et les modalités de prêt.

Ces collections s'attachent donc à décrire en images et en objets la vie quotidienne des habitants de la Ville Nouvelle, et plus largement des citadins contemporains.

Elles sont collectées sur le territoire en vue d'expositions ou pour enrichir son fonds, grâce aux dons des habitants mais aussi par une politique d'achat.

Consulter les collections

Une sélection de sièges remarquables des années 1960 et 1970

Le canapé Superonda

Archizoom Associés (designers), Poltronova (éditeur), 1966
Numéro d'inventaire : DG.2018.30

Le canapé Superonda est composé de deux éléments, deux « vagues », qui s’emboîtent, s’empilent ou se posent côte à côte, selon différentes configurations qui en font un canapé, un lit, une chaise longue... à occuper seul ou à plusieurs.

Il s’agit de l’une des premières réalisations d’un groupe d’architectes associés en une agence de design: Archizoom. Ce groupe florentin, emblématique du mouvement radical italien, propose des formes rondes et innovantes où le corps peut prendre diverses positions, en rupture avec le mobilier traditionnel des décennies précédentes. Il entend permettre à l’usager d’être acteur de son milieu, en créant des meubles autorisant une grande autonomie pour l'aménagement des espaces intérieurs.

Fauteuil Blow

Jonathan De Pas, Donato d’Urbino et Paolo Lomazzi (designers), Zanotta (éditeur), 1967
N° d'inventaire : DG.97.2

Si c'est en 1960 que prend forme, sous la signature du designer danois Verner Panton, un coussin en PVC que l'on s'accorde à considérer comme la première pièce de mobilier gonflable à usage domestique, c'est entre 1967 et 1973 que le mobilier gonflable – traditionnellement associé aux loisirs d’extérieur – fait irruption dans les intérieurs.

Cet engouement est permis grâce à un progrès technique : la mise au point de la soudure électronique à haute fréquence, qui permet d’assembler de manière étanche les feuilles de PVC. C’est avec ce procédé que les designers italiens De Pas, d’Urbino et Lomazzi réalisent le fauteuil Blow. Premier siège gonflable produit en Italie, il illustre aussi l’anticonformisme de la génération 68.

Autre anecdote, c'est en voyant ce modèle au salon Eurodomus à Turin que les designers du pouf Sacco choisissent Zanotta comme éditeur !

La chauffeuse 1500

Étienne-Henri Martin (designer), Thevenin Fert et Mayet (éditeur en 1971), 1970-71
N° inventaire : DG.2007.110. Collection acquise avec la participation du FRAM-IDF en 2007.

À l’origine, Étienne-Henri Martin, designer et créateur de meubles, imagine cette chauffeuse 1500 à partir du pliage d’un ticket de métro. Elle est en porte-à-faux, ce qui donne une certaine souplesse à l’assise.

La structure de tubes de métal étant entièrement recouverte d’une mousse de polyuréthane (habillée de tissu), ce siège s’avère très confortable et permet, comme il sied à l’époque, une grande variété de postures.

Pouf Sacco

Piero Gatti, Cesare Paolini et Francesco Teodoro (designers), Zanotta (éditeur), 1969
N° d'inventaire : DG.95.104

Le Sacco, né juste après 1968, en plein mouvement de contestation, illustre le rejet du conformisme des générations précédentes. Présenté pour la première fois au public à la Foire du meuble de Paris en 1969, il bouleverse en effet l'allure figée et formelle des appartements des années 1960, en libérant de la rigueur des formes et des positions socialement admises. Les créateurs italiens ont été les premiers à vouloir casser les lignes droites et pures des meubles contemporains de l'époque.

Gatti, Paolini et Teodoro s'inspirèrent des sacs qu'utilisaient les paysans en Italie pour rapporter les feuilles de châtaignier et rembourrer les matelas. Les feuilles, trop inconfortables, furent vite écartées. L'eau et le sable de même, trop rigides et trop lourds. Ils pensèrent également à la mousse polyuréthanne (trop chaud), aux chevrotines (en plomb donc trop lourd) et à de mini balles de ping-pong (trop coûteuses à la fabrication). Finalement, les trois designers découvrirent les billes de polystyrène : légères, malléables à souhait, peu coûteuses.

Ce siège informe, transportable et malléable correspond à un nouveau mode de vie. C’est le corps qui donne sens à cet amas de billes de polystyrène rassemblé dans une housse de vinyle. Il remporte un vif succès auprès de la jeunesse rebelle de l’époque et est toujours édité aujourd’hui. Quarante ans après sa création, il reste un des plus grands succès commerciaux de l'histoire du meuble et est aujourd'hui exposé dans les musées du monde entier.

Siège Asmara ou Les Vagues

Bernard Govin (designer), Ligne Roset (éditeur), 1966
N° d'inventaire : DG.2007.159, acquis avec la participation du FRAM-IDF 2010.

Bernard Govin, designer français précurseur des lignes futuristes des années 1960-70, s’associe à l’éditeur Ligne Roset en 1967 pour ce siège modulaire Asmara. Constituée d'éléments concaves et convexes,ce siège peut s’agencer, s’adapter de manière à définir et moduler un espace.

Avec sa ligne révolutionnaire, il propose une nouvelle façon de vivre et s’inscrit pleinement dans le mouvement soixante-huitard qui prône notamment l’émancipation sexuelle et la libération des corps.

Siège Fiocco

Gianni Pareschi (Gruppo 14), Busnelli (éditeur), 1970.
N° d'inventaire : DG.2018.26.

Créé en 1970 par les membres du Gruppo 14 (Gianfranco Facchetti, Umberto Orsoni, Gianni Pareschi, Giuseppe Pensotti, Roberto Ubaldi) et plus particulièrement Gianni Pareschi, il est l'une des pièces iconiques du "design radical".

Ce mouvement "expérimental et politisé, contestait le conformisme et la fonctionnalité du design des années cinquante, prônant une transformation de la société par le design et l’architecture" selon le FRAC Grand large Hauts-de-France, l'un de nos partenaires pour l'exposition "Le siège se révolte", à l'occasion de son exposition présentée en 2017 : "Heures italiennes".

Exploitant les possibilités techniques des nouvelles matières synthétiques, le confort et la solidité de ce siège reposent principalement sur les qualités complémentaires de souplesse et de résistance d'un tissu stretch de latex. Une véritable innovation technique à l'époque. Volontairement extravagant, le siège se déforme sous le poids de celui qui s'assied pour épouser son corps, puis reprend sa forme initiale quand il se relève.

Synthèse parfaite entre simplicité, originalité, technicité et esprit du temps, il est une icône du design des années 1970, en bonne place au sein du parcours permanent du Museum of Modern Art de New York...

Fauteuil Culbuto

Marc HELD, 1967
N° d'inventaire : DG.2001.107

Comme son nom l'indique, le Culbuto permet de se balancer et de s'orienter dans toutes les directions grâce à la forme arrondie de sa coque en plastique renforcé.

Avec ce siège Marc Held, se proposait de soulager la tension musculaire due à l'immobilité et de répondre à l'agitation naturelle de la personne assise par un mouvement constant de balancement et de rotation.

Les magasins Prisunic mettent en vente le Culbuto en 1970. Conçu à l'origine pour vendre à bas prix les objets les plus courants, Prisunic décide plus tard de rendre accessibles au plus grand nombre les réalisations des créateurs de l'époque. Dès 1964, l'enseigne propose des meubles modernes de bonne qualité à des prix raisonnables.

Le canapé Togo

Michel Ducaroy, 1973
Numéro d'inventaire : DG.2007.27

Créé en 1973, le canapé Togo a matérialisé les nouvelles valeurs de toute une génération qui voulait créer une rupture avec les codes conventionnels bourgeois. Face aux dérives de l’opulence, du matérialisme, la culture hippie voulait se démarquer en rejetant les excès de la société de consommation.

Alors, un produit qui permettait de vivre au ras du sol, sans structure rigide, donc totalement anti-conformiste ne pouvait que séduire la génération "Flower power". Anti-conformiste, soit, mais totalement confortable. La conception de ce programme de sièges-coussins tout mousse avec une housse généreusement matelassée de ouate de polyester a continué de séduire au-delà de la génération beatniks. En 50 ans, plus d’un million de personnes ont été séduites par ce modèle indémodable. Exposé au Design Museum de Tel Aviv, il est toujours parmi les meilleures ventes de la marque.